09 août 2009

Iphis et Iante, d'Isaac de Benserade

Ils sont neuf sur scène, pas tous à la fois : certains - plutôt certaines - ayant pour mission ou permission ou d’y jouer ‘déjanté’ : « mon chéri, ma chérie… tu fais comme tu le sens ». C’est une reprise de la pièce de Benserade (contemporain de Molière ) mise en scène par Lévy Blancard et jouée pour la première fois en 2005. Elle a été donnée dans des théâtres parisiens situés dans des arrondissements quasi-périphériques où l’on peut tout oser puisque ce sont des réservoirs d’artistes amoureux de leur capitale, et qui, bien mieux encore que vos intellos de service, font démarrer un sympathique bouche-à-oreille. Lequel des parents du bébé Iphis, effondré de ne pas avoir engendré un garçon, l’a obligée à revêtir des habits masculins, à adopter un comportement en rapport, susceptible de séduire la gent adverse ? Peu importe… l’opération ayant réussi, voilà votre post-éphèbe au bord d’être marié à Iante, séduisante jeune femme, à la suite de tractations entre des familles ayant intérêt à s’allier.
La suite avec nuit de noces où les deux jeunes femmes se découvrent ou plutôt découvrent qu’elles étaient destinées l’une à l’autre et… comporte un charmant coup de théâtre : un message des dieux nous apprend qu’Iphis vient subitement d’être dotée d’attributs lui permettant (aussi) d’engendrer. Une certaine …vous avez dit…morale est sauve !
Dans la mise en scène rapide de Lévy Blancard règnent mystification, vraie-fausse connaissance, non-connaissance et reconnaissance. La pétulance y est au menu tout comme la dérision et un certain baroque. Lévy-alias-Iante et sa partenaire Jason Ciarapica dans le rôle d’Iphis souffrent pour pouvoir mieux roucouler; convaincues elles sont convaincantes. Les personnages traditionnellement dits de second plan, soit les pères, mères, frères et sœurs des donzelles, sont rocambolesques à souhait. Mention spéciale pour Kevin Champenois dans le rôle d’Ergaste : censé être à la fois dans le coup mais parfaite sainte-nitouche, amoureux de…on ne vous dira pas de laquelle des deux… il s’approprie les alexandrins avec volupté et les module de sa voix suave : on guette ses interventions. C’est aussi lui qui, à la fin du spectacle, nous convie à en parler autour de nous. Voilà qui est fait.
Espace la Comédia, mardi à 21h30 jusqu’au 25 août. Réservations : 01 43 41 54 92.