14 juin 2011

Le bal de Ndinga

de Tchicaya U Tam’si
Mise en scène et interprétation Pascal Nzonzi
Lumières intenses, le comédien à la présence et au physique saisissants est au coeur de la scène, sa voix grave ou tendre peut devenir colossale « Reviens, nous danserons !».
Vêtu d’une chemise et d’un jean bleu-électrique, assis sur un banc modeste, il y devient pêle-mêle tous les personnages de ce récit, publié sous forme de nouvelle et à quatre voix n’utilisant que très peu d’accessoires pour qu’on identifie bien chacun. Porté au théâtre pour la première fois il y a un quart de siècle, à chaque reprise ce bal sidère un public tous âges confondus, car c’est une épopée semblable à toutes celles qui depuis l’antiquité ont été contées par les anciens des familles, au sens vaste du terme. Sage Monsieur Ndinga ? peut-être pas …et puis tellement habité par son désir de cette Sabine : cela vaut mieux pour nous puisqu’il remet tout en question. Philosophe, il l’est certainement car il a pressenti les répercussions fatales de la décolonisation du Congo belge, ayant évalué les vrais enjeux et défis de la décolonisation . Soif inextinguible de pouvoir chez des êtres à l’ego démesuré . Que dire de la vraie liberté ?
Dansant, chantant, investissant avec bonheur l’espace scénique Pascal Nzonzi fait sien l’univers des phrases et des mots incantatoires de U Tam’si.
Et puis « Il y a eu une furieuse émeute après », « Je courais… » « Où est-il donc passé ? ». Tout a basculé, n’est-ce pas Messieurs Lumumba et Tshombé?
Un certain bal… mais c’en est fini puisqu’une vraie balle vient de neutraliser Ndinga.
Pascal Nzonzi habite les mots de U Tam’si qu’il qualifie « de sang frais »; qu’il ne nous en veuille pas si dans l’écho nous entendons « de français ».
Maison de la Poésie, jusqu'au 3 juillet, du mercredi au samedi à 20 h, dimanche à 16 h. Réservations : 01 44 54 53 00 et www.maisondelapoesieparis.com.