29 juin 2011

Les Bonnes

de Jean Genet
Mise en scène de Serge Gaborieau et Armel Veilhan
Avec Marie Fortuit, Odile Mallet, Violaine Phavorin
Décor sobre sur fond sombre avec porte- fenêtres, éléments du genre paravents qui se déploieront pour devenir un placard-garde-robes. D’abord un étrange sommier à jardin et un sommier étrange à cour qui reliés, constitueront un second lieu dans l’espace scénique.
Au centre du plateau une moquette rouge sang et à l’avant-scène deux petits tapis blancs sur lesquels des objets parlants proviennent de la cuisine ordinaire de cette maison que Monsieur - amant de Madame - a quittée et pour cause : la cadette Claire et sa sœur aînée Solange, domestiques de Madame, à coup de lettres anonymes l’ont fait condamner et emprisonner.
La suite: démasquées, les sœurs tentent de se débarrasser de leur maîtresse à l’aide d’un tilleul empoisonné qu’elle ne boira pas mais que l’une d’elles finira par absorber. La mort est enfin au rendez-vous.
Symétrie, asymétrie, dissymétries, enchevêtrements de personnalités, usurpations d’identités et névroses ou psychoses avec discours plus ou moins délirants qui remettent tout en question: donc cet existentialisme dont nous nous réveillons ‘ interpellés’ au vingt-et-unième siècle ?
Dans cette distribution Claire et Solange (voulues vieilles et moches par l’auteur) sont jolies et sveltes, l’une aux cheveux courts, l’autre aux cheveux plus longs, s’empoignent, se jettent tout ce qu’elles peuvent à la figure. Chorégraphie baroque voyez séance de gymnastique aux allures d’entraînement pour catch féminin, mais pour nous c’est une catharsis : « C’est moi que tu vises à travers Madame »…
Musiques simples pour débuts de cauchemars
Deux jeunes comédiennes virtuoses, et Madame Royale : Odile Mallet, si redoutablement belle qu’elle rafle la mise dès qu’elle paraît et ouvre la bouche pour détruire tout sur son passage : « Vous êtes un peu mes filles » dit-elle aux sœurs.
Le Lucernaire, jusqu’au 27 août, du mardi au samedi à 19h. Réservations : 01 45 44 57 34